Le couvent des augustins

Concours de peinture "Vision d'Artistes" à Champlitte en 2012

En 1830, il y avait plusieurs couvents à Champlitte (couvent des annonciades, couvent des augustins, couvent des capucins …) Aujourd’hui seul reste le couvent des augustins.


En 1398 le terrain a été donné aux ermites de Saint-Augustin par Jean de Vergy. Il s’agissait d’un manoir (au Moyen Âge les manoirs étaient de grosses exploitations agricoles, entre le château féodal et la ferme). L’église a été construite en premier, dans le premier quart du XVe. Un cloître a été édifié par la suite puis les bâtiments ont été transformés en couvent.


En 1586, la peste arrive à Champlitte. Dans leur détresse, les habitants se mettent sous la protection de saint Sébastien (saint protecteur de la peste). La peste s’éloigne et en reconnaissance, une chapelle est élevée en son nom contre l'église Sainte-Anne du couvent des augustins. Cette chapelle est desservie par les augustins eux-mêmes et devient le siège d’une confrérie.


Couvent des augustins d'après le plan de C. Bonjour (XVIIe siècle)

Lors de la fête de Saint-Sébastien, le 20 janvier, on nomme le bâtonnier chargé de porter la statue du saint aux processions. Chaque fois qu’un confrère meurt, celui qui est désigné pour avertir de son décès parcourt les rues revêtu d’une tunique de serge noire sur laquelle est attachée une peinture représentant saint Sébastien et une tête de mort. Le jour des obsèques, la confrérie offre le pain et le vin. De manière générale, elle apporte beaucoup de solidarité dans le bourg de Champlitte dans les moments où l’épidémie est toujours présente.


En complément de leurs activités religieuses, les augustins avaient la charge du collège de Champlitte, qui vint s’installer dans le couvent même, peu avant la Révolution. C’était un collège réputé où les enfants des familles bourgeoises faisaient de bonnes études qu’on appelait « les humanités ». De là sortaient les futurs notaires, greffiers, huissiers, procureurs, juges, médecins et chirurgiens.



L’église des augustins était la plus importante de Champlitte avant la création de l’église paroissiale. À la Révolution, les religieux furent contraints de quitter le couvent devenu bien national. L’administration du district de Champlitte l’occupa, bientôt suivie d’un tribunal, de prisons et, pendant un temps, de la gendarmerie.


En 1796, le couvent fut vendu à un particulier. Les nouveaux propriétaires utilisèrent certaines parties du couvent pour leur habitation personnelle, en cloisonnèrent d’autres à des fins locatives, et firent détruire l’église, la chapelle Saint-Sébastien et la moitié du cloître dont les pierres furent utilisées pour d’autres constructions. Il ne reste de l’église que le mur sur lequel s’appuie la galerie sud du cloître, et la souche du clocher, couverte d’un toit à deux pentes.

Partagé ensuite entre divers propriétaires, le couvent fut utilisé comme habitations, remises et chais.

Dans la deuxième moitié du XXe siècle, l’essentiel du couvent a été repris par un seul propriétaire qui a entrepris la restauration des bâtiments et de l’enclos, lesquels ont été classés parmi les Monuments Historiques en 1999.


Le couvent aujourd'hui



La Chapelle Notre-Dame est encore debout alors qu’il ne subsiste plus grand chose de la Chapelle Saint-Sébastien.


Les bâtiments conventuels occupent la partie sud-ouest d’un enclos de 4 ha. Cet enclos était autrefois majoritairement occupé par la vigne. Aujourd’hui il reste une grange, construite au dessus d’une cave aux vastes dimensions. Les bâtiments nord et est sont à dominante du XVIIe, ils comprennent au rez-de-chaussée la cuisine, le réfectoire, la salle du chapitre. À l’étage, il y avait le dortoir des moines. Ce dernier a été recloisonné au XIXe pour y installer des logements.


À l’est se trouve un bâtiment médiéval remanié au XVIIe siècle. Au rez-de-chaussée se situent les anciennes salles de classe et à l’étage, les anciennes chambres des hôtes du couvent.

Enfin la cour est fermée à l’ouest et au sud par les galeries subsistantes du cloître du XVe siècle.


La restauration du cloître, entreprise il y a une quinzaine d’années, a consisté à purger les galeries des murs intérieurs, restaurer les contreforts, consolider et remonter les voûtes et rouvrir les arcades qui pouvaient l’être, sans compromettre la sécurité.

La galerie sud du cloître s’appuie sur le mur de l’église, seul vestige aujourd’hui de celle-ci.

Merci à M. Serge Degand pour sa précieuse collaboration dans la rédaction de cet article.

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